auteur : Jean-Laurent Del Socorro

   éditeur : Actu sf

   thèmes : historique, fantastique

   pages : 301

  parution : 2015

 Deux ans avant l’édit de Nantes qui met fin aux guerres de   Religion, Marseille la catholique s’oppose à Henri IV, l’ancien protestant. Une rébellion, une indépendance que ne peut tolérer le roi. A La Roue de Fortune se croisent des passés que l’on cherche à fuir et des avenirs incertains : un chevalier usé et reconverti, une vieille femme qui dirige la guilde des assassins, un couple de magiciens amoureux et en fuite, et la patronne, ancienne mercenaire qui s’essaie à un métier sans arme. Les pions sont en place. Le mistral se lève. La pièce peut commencer.

De quoi ça parle :

Durant les guerres de religion, Marseille, ville catholique cherche à gagner son indépendance face à Henri IV, ancien protestant converti par nécessité politique. Dans cette cité rebelle, le lecteur suit de nombreux personnages aux destins entremêlés. Il y découvre Axelle une ancienne capitaine d‘une compagnie de mercenaire, Gabriel un vieux chevalier, Victoire chef d’une guilde d’assassin, Armand un addict à l’Artbon et enfin Silas un assassin.

Comment ça nous est raconté:

Royaume de vent et de colère est composé de très courts chapitres allant de une à quatre pages. Grâce à ceux ci, le lecteur à l’impression que tout se déroule en un temps limité. Et en effet l’intrigue s’étale sur un peu plus de 24 heures. Ce livre est découpé en trois parties  : la première met en place le récit et les personnages. La deuxième partie est composée de flash-back épars dévoilant l’histoire de chaque personnage. La troisième et dernière partie amène la résolution des destins de chaque protagoniste. L’histoire se termine par une nouvelle autour d’un enfant logeant dans l’auberge «  La roue de la fortune  »  : lieu de rencontre de nos protagonistes.

Les portes-cierges sont remplis. Autant de flammes, autant d’espoirs allumés pour sauver son âme ou celles de ses proches – et autant d’écus qui viennent remplir les poches de l’Eglise. Elle n’est pas si différente de la Guilde : elle bâtît sa fortune sur la peur des gens. Nous éliminons les doutes, elle les cultive. Elle rappelle chaque jour à ses fidèles le poids de leur misère et s’offre à eux comme l’unique réponse à leur terreur. J’aurais dû me faire abbesse et revêtir le scapulaire et la cornette. J’aurais été aussi riche, si ce n’est plus, en prenant moins de risque.

Ce que j’en pense :

Ce livre est une belle découverte  ! J’apprécie les romans constitués de cours chapitres. Cela dynamise le récit et permet de passer d’un personnage à l’autre dans une même pièce au même moment, un peu comme dans un film. L’histoire est avant tout historique, l’auteur a juste ajouté une pointe de fantastique avec l’Artbon une sorte de drogue dure permettant d’acquérir des pouvoirs. Elle n’a que peu d’importance dans l’histoire. À la fin de l’ouvrage la maison d’édition a eu la bonne idée d’ajouter une interview de l’auteur. Ça m’a permis de mieux comprendre les choix de celui-ci.

Les protagonistes sont tous atypiques. Comme le dit l’auteur dans son interview, chaque personnage évoque quelque chose. Axelle montre la relation mère fille, la recherche de son identité, Gabriel évoque la vieillesse, l’image de soi… Chaque protagoniste est très différent, le fait que l’on passe d’un personnage à l’autre rapidement m’a permis de ne pas m’en lasser. L’auteur maîtrise bien le sujet des guerres de religion, c’est très agréable pour le lecteur. J’apprécie de plus en plus les livres avec un contexte historique. Cela change des histoires se déroulant à notre époque. Dans la partie du roman composée de flash back sur la vie des personnages principaux j’ai été un peu perdu. Le lecteur passe d’un chapitre se déroulant en l’an 1572  à un autre en l’an 1536 en l’espace de trois pages.

Royaume de vent et de colère a été une bonne lecture qui m’a donné goût aux romans historiques. Je surveille de près l’auteur en attente de ses prochaines sorties.

Son épaule gauche lui fait visiblement mal, mais dans son orgueil, il n’en laisse rien paraître. Vous êtes touchant chevalier. Je passe mon bras sous le sien, nonchalante. Il se raidit un instant mais ne se dégage pas. Serait-ce un début de sourire que je devine dans votre barbe ? A vos côtés, je deviens la femme que j’aurais pu être, l’instant de quelques pas. Nous avançons sous les regards intrigués des passants. Leurs visages affichent la curiosité, l’étonnement, la réprobation ou l’envie. Nous les ignorons et poursuivons notre chemin. Gabriel ralentit le pas et le temps avec lui. La vieille dame et son chevalier. Le démon au bras de son ange gardien.

Note :

  • originalité 100%
  • personnages 90%
  • histoire 100%
  • écriture 90%

N’hésite pas à mettre un commentaire 😉

%d blogueurs aiment cette page :