auteur : Fred Vargas

    éditeur : J’ai lu

    pages : 346

    parution : 2001

    thèmes : policier

 

Ce sont des signes étranges, tracés à la peinture noire sur des portes d’appartements, dans des immeubles situés d’un bout à l’autre de Paris. Une sorte de grand 4 inversé, muni de deux barres sur la branche basse. En dessous, trois lettres : CTL. A première vue, on pourrait croire à l’œuvre d’un tagueur. Le commissaire Adamsberg, lui, y décèle une menace sourde, un relent maléfique. De son côté, Joss Le Guern, le Crieur de la place Edgar-Quinet, se demande qui glisse dans sa boîte à messages d’incompréhensibles annonces accompagnées d’un paiement bien au-dessus du tarif. Un plaisantin ou un cinglé ? Certains textes sont en latin, d’autres semblent copiés dans des ouvrages vieux de plusieurs siècles. Mais tous prédisent le retour d’un fléau venu du fond des âges…

 

Dans ce récit, le lecteur découvre Joss Le Guern, un ancien marin reconverti en crieur. Chaque jour, il crie sur la place publique les mots qui ont été déposés dans sa boite. Alors qu’il exerce tranquillement son métier, d’étranges messages vont lui être déposés… Nous suivons également Adamsberg, Chef du département criminel, il a de nombreuses enquêtes à son actif. Un jour une dame va lui faire part de son inquiétude au sujet d’étranges 4 tagués au dessus des portes de son immeuble ; Adamsberg va enquêter. Au début du livre on suit ces deux personnages individuellement, mais le destin va les faire se rencontrer.

Adamsberg est un protagoniste vraiment intéressant, il est nonchalant. Quand il enquête il se fie plus à son intuition tandis que son collègue Danglard penche pour la réflexion. Ils forment un formidable binôme. Adamsberg est très attachant mais je ne comprend pas certaines de ses réactions : il aime sa compagne Marie mais la trompe !… J’ai aussi apprécié Joss le Guernier bien qu’il soit un personnage secondaire. Nous découvrons progressivement son passé. Ancien marin, il mêle un vocabulaire maritime à toutes choses du quotidien.

 

« – Tu sais Camille, que le jour où Dieu créa Adamsberg, Il avait passé une fort mauvaise nuit.
– Ah non, dit Camille en levant les yeux, je ne savais pas.
– Si. Et non seulement Il avait mal dormi, mais Il se trouvait à court de matériel. Si bien que, comme un étourdi, Il alla frappé chez son Collègue pour lui emprunter quelque attirail.
– Tu veux dire … le Collègue d’en-bas ?
– Evidemment. Ce dernier se jeta sur l’aubaine et s’empressa de lui procurer des fournitures. Et Dieu, hébété par sa nuit blanche, mélangea le tout inconsidérement. De cette pâte, Il tira Adamsberg. Ce fut vraiment un jour pas ordinaire.
– Je n’étais pas au courant.
– Ca traîne dans tous les bons livres, dit Danglard en souriant»

 

Nous sommes embarqués par l’intrigue. Mais Fred Vargas ne cherche pas le sensationnel par des révélations nous coupant le souffle. Elle maîtrise parfaitement les rebondissements, elle nous emmène sur de fausses pistes pour mieux nous étonner ensuite. Le style de l’autrice est fluide et agréable. En quelques mots le lecteur est plongé dans l’histoire. L’ambiance de Paris et l’attitude des personnages m’ont fait croire au début du livre que l’histoire se déroulait au XXe siècle. J’ai vraiment été surpris quand j’ai appris que le roman se passait dans les années 2000.

 

L’histoire est très riche en anecdotes historiques. Cette approche m’a vraiment séduit. À la fin du roman l’intrigue s’accélère et l’affaire est bien plus complexe que je le pensais. J’ai beaucoup apprécié la chute, elle m’a donné l’envie de découvrir d’autres enquêtes du commissaire Adamsberg et aussi de lire d’autres livres de l’autrice.

 

  • orignalité 90%
  • personnages 95%
  • histoire 90%
  • écriture 95%
  • suspence 95%
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