auteur : V. Emile Zola

   éditeur : Flammarion

   pages : 624

   parution : 1885

   thèmes : classique, société

 Une des grandes grèves du siècle dernier raconté par un   journaliste de génie qui en a fait un réquisitoire, un formidable  »   J’accuse  » contre le capital, le roman de la lutte des classes et de la misère ouvrière. Un livre de nuit, de violence et de sang, mais qui débouche sur l’espoir d’un monde nouveau lorsque le héros, Etienne Lantier, quittant la mine  » en soldat raisonneur de la révolution « , sent naître autour de lui une  » armée noire, vengeresse… dont la germination allait bientôt faire éclater la terre « . Germinal marque l’éveil du monde du travail à la conscience de ses droits et c’est au cri sans cesse repris de  » Germinal ! Germinal ! « Que la délégation des mineurs de Denain accompagna le convoi funèbre de Zola à travers les rues de Paris.

 

Je souhaitais lire Germinal et écrire sa chronique au mois de mars pour mon rendez-vous mensuel le classique du mois. Malheureusement, je l’ai commencé bien trop tard et j’ai pris bien plus de temps que prévu à le lire. J’essaierai donc de lire deux « classiques » ce mois-ci.

Ces derniers temps il m’a pris l’envie de découvrir les œuvres de Zola. Quand on lit un grand auteur comme Emile Zola il faut bien choisir le premier livre pour ne pas être dégouté de lire cet écrivain. J’ai donc lu plusieurs chroniques sur ses œuvres telles que L’assommoir, Nana… Bon nombre de bloggeurs élevaient Germinal à la première place des ouvrages de cet auteur. Il m’a donc fallu peu de temps pour faire mon choix. Dans ce roman, le lecteur suit le terrible quotidien des mineurs au XIXe siècle. Un jour leur patron décide de baisser leurs salaires. Débute alors une longue grève de plusieurs mois qui va dégénérer et conduire les mineurs dans la plus grande des misères.

« L’ouvrier ne pouvait pas tenir le coup, la révolution n’avait fait qu’aggraver ses misères, c’étaient les bourgeois qui s’engraissaient depuis 89, si goulûment, qu’ils ne lui laissaient même pas le fond des plats à torcher. Qu’on dise un peu si les travailleurs avaient eu leur part raisonnable, dans l’extraordinaire accroissement de la richesse et du bien -être, depuis cent ans ? On s’était fichu d’eux en les déclarant libres : oui, libres de crever de faim, ce dont ils ne se privaient guère. ça ne mettait pas du pain dans le huche, de voter pour des gaillards qui se gobergeaient ensuite, sans plus songer aux misérables qu’à leurs vieilles bottes. Non, d’une façon ou d’une autre, il fallait en finir, que ce fût gentiment, par des lois, par une entente de bonne amitié, ou que ce fût en sauvages, en brûlant tout et en se mangeant les uns les autres. Les enfants verraient sûrement cela, si les vieux ne le voyaient pas, car le siècle ne pouvait s’achever sans qu’il y eût une autre révolution, celle des ouvriers cette fois, un chambardement qui nettoierait la société du haut en bas, et qui la rebâtirait avec plus de propreté et de justice.»

Germinal expose une situation dont la France a longtemps été victime : l’exploitation des travailleurs qui ne servent qu’à enrichir les plus riches. L’auteur nous met le plupart du temps dans la peau des mineurs et moins souvent dans celle des patrons. Le fait de naviguer entre deux opposés amplifie à nos yeux la misère des mineurs. Ce livre est très violent autant psychologiquement que physiquement. J’ai été effrayé devant la pauvreté des travailleurs à la mine mais aussi par la folie qui les gagne lors de révoltes qui vont les pousser à commettre l’irréparable. Germinal dénonce les profiteurs et cette société où les riches sont toujours plus riches et les pauvres encore plus pauvres.

Le fil conducteur de l’histoire est une famille de mineur : les Maheu ainsi qu’Etienne Lantier, un nouvel arrivant rêvant de gloire malgré sa modeste condition. Au début du livre les mineurs sont résignés, sans aucun espoir d’amélioration mais son arrivée va provoquer la révolte.

« Et les idées semées par Étienne poussaient, s’élargissaient dans le cri de la révolte. C’était l’impatience devant l’âge d’or promis, la hâte d’avoir sa part de bonheur, au-delà de cet horizon de misère, fermé comme une tombe. L’injustice devenait trop grande, ils finiraient par exiger leur droit, puisqu’on leur retirait le pain de la bouche. Les femmes surtout auraient voulu entrer d’assaut, tout de suite, dans cette cité idéale du progrès, où il n’y aurait plus de misérables. Il faisait presque nuit, et la pluie redoublait, qu’elles emplissaient encore le coron de leurs larmes, au milieu de la débandade glapissante des enfants. »

Pour ce livre Emile Zola s’est beaucoup documenté, il est allé à la rencontre des mineurs et est même descendu dans la mine. Dans son roman, il fait souvent référence à de vrais événements qui ont fait scandale à son époque. Le roman est écrit sans aucune prise de position de l’auteur. Il ne condamne ni les pauvres ni les riches, dans les deux camps certains sont horribles.

Ce livre mérite amplement sa place parmi les grandes œuvres. Il a marqué son époque, il reste d’actualité et je l’ai adoré. Si vous avez tendance à être dépressif je vous le déconseille, sinon foncez, il est merveilleux !

  • orignalité 90%
  • personnages 95%
  • histoire 95%
  • écriture 95%
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